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EL-TARF, Les “Las Vegas” algériens sans casinos
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[ Le Soir DAlgerie- Le dimanche 29 octobre 2006 | Lu
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Ces derniers mois, les communes traversées par la RN44 se sont toutes mises de concert, en matière de développement et d’amélioration des conditions de vie des citoyens, à une nouvelle mode, l’installation de panneaux lumineux d’ornement faits de multiples petites ampoules multicolores accrochés au poteaux et autres lampadaires de l’éclairage public.
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Cette nouvelle lubie d’édiles locaux en mal d’imagination pour des projets d’utilité publique et à l’indifférence manifeste pour la préservation des deniers de la collectivité a été ressentie par les citoyens comme une énième provocation.
Ils se demandent pourquoi les autorités de tutelle n’interviennent pas pour circonscrire cette gabegie.
La population, qui croule sous une paupérisation galopante, un chômage endémique, et l’apparition de multiples fléaux sociaux, ne sait plus à quel saint se vouer face à de tels écarts de gestion.
Résignés, les habitants des communes touchées, à l’image du chef-lieu de wilaya d’El-Tarf, constatent avec amertume et abattement cette nouvelle mascarade. Les commentaires, cependant, vont bon train sur les dessous d’un tel investissement.
Ainsi, des personnes proches de ce dossier évoquent allègrement des montants à plusieurs chiffres, à donner le vertige, affectés à cette opération et qui seraient au bas mot de l’ordre de plus de 5 millions de dinars.
“Il y a d’abord l’achat des composants électriques et les cornières en fer entrant dans la fabrication desdits panneaux, puis leur confection et enfin leur installation. Selon des indiscrétions recueillies de la bouche de nos édiles, seulement la confection desdits panneaux a été réalisée gratuitement au niveau des centres de formation professionnelle. Il faut savoir, par ailleurs, que nos élus, critiqués, brandissent l’argument fallacieux cité ci-dessus en guise d’échappatoire”, ont-ils fait remarquer.
Pour le reste de cette opération, les communes ont payé rubis sur l’ongle les autres phases, à savoir les composants et l’installation.
De plus, chaque trimestre, les communes sont tenues de payer à la Sonelgaz le surcoût engendré par l’exploitation des panneaux. Une nouvelle charge qui va grever encore le budget de fonctionnement des communes, faisant ainsi exploser la facture d’électricité au grand dam de la population.
Dans un autre registre, nos interlocuteurs, excédés, affirmeront que “sous d’autres cieux, la tendance s’achemine vers l’éclairage public intelligent, et ce, par l’utilisation d’ampoules moins gourmandes en énergie, un emplacement judicieux des lampadaires et surtout une rationalisation des dépenses en matière d’électricité avec comme seul corollaire l’économie des deniers publics afin de mettre en œuvre des projets utiles créateurs d’emplois et de richesses”.
Et d’ajouter, enfin, avec un brin d’ironie et de sarcasme : “Comme de coutume, le citoyen reste le dindon de cette farce que nous devons avaler et digérer sans broncher sous peine d’être taxé d’antinationaliste.
Les maires, après quatre ans de délires psychédéliques, persistent encore dans leur myopie en lorgnant les élections d’octobre 2007, toute honte bue.”
Daoud Allam
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